Transformation

Migrer vers le cloud : les trois questions à se poser avant, pas pendant

Illustration abstraite d'une infrastructure en transition vers le cloud

Le cloud, c'est utiliser des serveurs et des logiciels hébergés chez un prestataire et accessibles par internet, plutôt que de les installer chez soi. Migrer vers le cloud, c'est déménager son informatique vers cet hébergement.

Une migration qui tourne mal rate presque jamais sur la technique : les outils sont matures, la documentation des éditeurs (les entreprises qui créent les logiciels) est abondante. Elle rate sur des décisions qui auraient dû être prises avant, et qui finissent tranchées dans l'urgence, en plein projet, sous la pression du calendrier. Trois questions posées avant de commencer évitent la plupart de ces décisions de rattrapage.

Question 1 : pourquoi migrer, précisément ?

« Aller dans le cloud » n'est pas un objectif, c'est un moyen. Derrière cette intention se cachent des motivations très différentes, qui ne mènent ni à la même architecture ni au même calendrier.

  • Réduire un coût d'infrastructure. Le dimensionnement et le mode de facturation comptent alors plus que la sophistication technique.
  • Sortir d'un matériel qui vieillit. La priorité devient de ne pas interrompre le service pendant la bascule, pas d'optimiser les coûts tout de suite.
  • Gagner en souplesse pour absorber une croissance. L'enjeu se déplace vers l'architecture (la capacité à monter en charge) plus que vers la migration elle-même.

Une organisation qui ne tranche pas finit souvent par vouloir les trois à la fois, avec un budget et un calendrier prévus pour une seule.

Question 2 : quelles données peuvent sortir, et lesquelles non ?

Cette question se pose avant de choisir le prestataire, pas après. Certaines données sont soumises à des règles de localisation ou de sensibilité (données de santé, données bancaires, certains marchés publics) qui limitent le choix de l'hébergeur ou imposent des garanties dans le contrat. Découvrir la contrainte après avoir commencé à migrer chez un fournisseur qui ne la respecte pas oblige à tout reprendre, pour un coût sans commune mesure avec celui d'une vérification préalable de quelques jours.

Le RGPD (le règlement européen sur la protection des données personnelles) s'applique ici directement. Héberger hors de l'Union européenne n'est pas interdit, mais cela impose des garanties (des clauses contractuelles types, ou une décision de la Commission européenne reconnaissant le pays comme suffisamment protecteur) qu'il faut vérifier avant de signer, pas après.

Question 3 : qui, chez vous, saura reprendre la main ?

Une migration réussie sur le plan technique peut créer une nouvelle dépendance si personne en interne ne comprend l'installation une fois le prestataire parti. La question n'est pas seulement « qui migre », mais « qui saura faire évoluer et dépanner cette infrastructure dans un an ». La réponse conditionne le niveau de documentation à exiger du prestataire, et parfois la nécessité d'associer une personne de l'entreprise au projet dès le début, plutôt que de découvrir l'architecture le jour d'une panne.

Ce que ça change

Répondre à ces trois questions avant de lancer le projet ne rallonge pas beaucoup le calendrier : un cadrage sérieux se compte en jours, pas en mois. En revanche, cela évite de devoir y répondre en pleine migration, au moment où chaque changement de cap coûte dix fois plus cher qu'au départ.

Damien JEAN-BAPTISTE Fondateur, Thrill Strategy

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